Exactement
un mois avant Noël, Yukiko, Nagase, Nozaki et moi n'avons pas
été sage du tout... mais on s'en est payé une bonne tranche : Nagase nous avais invité
au concert de l'orchestre amateur de sa boîte (IBM). Quand je dis « amateur »,
n'allez pas imaginer la fanfare du coin. C'était un vrai programme très bien
ficelé, à l'auditorium de la mairie du district de Bunkyô. Le chef et la pianiste
soliste étaient des professionnels, il y avait trois énormes caméras pour
filmer le tout, et ils ont vraiment très bien joué (c'était du Gershwin).
Du coup, on a séché l'entraînement du Matsuba, et on est allé se
faire péter le ventre dans un yakiniku coréen (entre
le barbecue et la pierrade). C'était vraiment très bon, plein de sauces, du bœuf,
du porc, du foie, des morceaux de choix, une très bonne ambiance, et on a
accompagné tout ça de bières et d'umeshu bien mérités. Mais comme
ça commençait bien, on a voulu continuer, et on s’est bientôt retrouvés
dans un karaoke du côté d’Ueno.
Là,
c’est le drame : après avoir bien rigolé et pris des tas de photos trop
bien, Nagase s’empare de mon
appareil et commence à appuyer sur tous les boutons en répétant : « Ah,
c’est du français, je comprends rien ». Moi j’ai laissé faire, j’étais
occupé. Jusqu’à ce qu’il me tende l’appareil en me disant : « Euh, il
y a un problème, ça affiche plus rien ».
* Mémoire vide *
…
AAAAAAAAAH !
Ça,
c’est moi qui suis très énervé parce qu’il a effacé toutes nos supers photo. Je
fais les cornes ; en japonais, ça veut dire « je suis un gros ogre-démon
méchant, ce qui signifie que je suis très en colère ». Je m’en sers depuis
longtemps, c’était plus facile à retenir au début que le verbe « être en
colère » (怒る, pour les intimes). Ensuite, c’est Nagase
qui se confond en plates excuses et implore ma mansuétude. Du coup, on a pris
un enchô (une prolongation), comme en
kendô, et on a refait plein de photos très vite.
* * *
| Nozaki |
| Mama |
| Anges & démons |
Nagase a dû rentrer ensuite, parce que ça femme Miki le mène à la baguette (et puis il
pouponne), mais Yukiko, Nozaki et moi, qui n’avons personne
pour guetter tendrement notre retour titubant à la maison, avec les bras affectueusement
croisés sur la poitrine et le rouleau à pâtisserie délicatement passé dans la
ceinture, on s’est retrouvés pour un dernier burger avant la route (on avait un
creux, tout à coup) dans un bar américain que Yukiko m’avait montré il y a deux ans. Ils font un super burger à
la sauce Jack Daniel’s.
Miam !